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Nuit Blanche à Drouot

Pour la première fois, l’Hôtel des Ventes Drouot va prendre part à Nuit Blanche, au titre de manifestation associée. Drouot s’investit ainsi dans un événement phare du calendrier culturel, parcours d’art contemporain nocturne et gratuit initié par la Ville de Paris, et désormais repris dans de nombreuses villes à l’étranger – Rome, Madrid, Tokyo.


Pour cet événement, les commissaires-priseurs de Drouot ont choisi Ange Leccia et lui ont donné carte blanche pour la création d’une œuvre qui sera présentée pour la première fois le samedi 4 octobre à partir de 19h00.
 
Offrir l’opportunité à un artiste d’investir Drouot en créant une œuvre originale s’inscrit pleinement dans la nouvelle politique de développement du Groupe Drouot et procède d’une volonté de valoriser la création artistique, aussi bien passée qu’actuelle.
 
Répondant à la proposition de Drouot, Ange Leccia imagine une installation vidéo, sonore et lumineuse immersive, invitant le public à découvrir le temps d’une nuit, une œuvre inédite conçue in situ.
 
Évènement produit par la société Eva Albarran & Co.
 
QUAND REVIENT LA NUITUne œuvre envoûtante
 
Pensé comme un parcours sensoriel, le projet d’Ange Leccia débutera par une projection monumentale en façade de l’Hôtel Drouot, puis accompagnera le visiteur par un cheminement lumineux et sonore au cœur du dispositif qui fera écho, dans un espace dédié du 1er étage, au déploiement extérieur. Une articulation permettant une véritable immersion dans l’univers troublant et singulier de l’artiste.
 
À PROPOS D’ANGE LECCIA
 
Ange Leccia est un artiste aujourd’hui majeur dans l’art de l’image, du son et du silence, là où la pureté de la vision tend à approcher la beauté au plus près, sans complaisance ni désir de virtuosité… ou comment fuir la fonction illustrative de l’image pour ne toucher que sa matière charnelle.
 
Pensionnaire de la Villa Médicis entre 1981 et 1983, il imagine des installations appelées « arrangements » mettant en scène des objets industriels. Dans les années 1990, il réalise Mer, Explosions et Fumées, Orage, plans uniques montés en boucle entre représentation et abstraction.
En 2005, il filme dans La Déraison du Louvre l’errance de Laetitia Casta dans les couloirs du musée. Il retrouve l’actrice en 2007 pour Nymphéa, commande pérenne de la Ville de Nantes, dans laquelle l’eau joue un rôle central.
En 2012, il réalise L’Amour Louvre, œuvre pérenne qui ouvre le Louvre Lens et rend hommage à Michelangelo Pistoletto dans sa vidéo Le Début des choses, à l’occasion de la réouverture du Palais de Tokyo. L’an passé, il se dévoile au MAC/VAL avec son journal intime Logical Song, dont notre vidéo est une parfaite continuité.
 
Ange Leccia est présent dans les collections de nombreux musées internationaux : Guggenheim à New York, Centre Georges Pompidou à Paris, City Art Museum à Hiroshima…, et dans les grandes manifestations internationales.
Enseignant à partir de 1985 (Grenoble puis Cergy), il a créé en 2001 le Pavillon, laboratoire de création du Palais de Tokyo, qu’il dirige depuis.
 
LE CHOIX D’ANGE LECCIA
 
Une première rencontre nocturne sur un petit pont qui enjambe le canal Saint-Felix à Nantes lors de l’inauguration de l’installation vidéo « Nymphéa » : œuvre, contexte, conversation, tout était séduisant et entêtant.
 
Retrouver Ange Leccia à Drouot dans l’exercice de la Nuit Blanche s’inscrit dans la continuité évidente de cette rencontre. Répondant à la sollicitation de la célèbre salle des ventes parisienne, l’artiste réalise « Quand revient la nuit », une vidéo spécialement produite pour l’événement.
 
Le contexte narratif s’organise en gélatine rouge, en référence à la couleur emblématique du velours tendu sur les parois des salles de l’Hôtel des Ventes.
Pour accompagner le visiteur à l’intérieur des lieux : une résonnance, quasi familière, convoque Johnny et Adamo, dont les voix nous entraînent dans le sillon grésillant et mélancolique de la mémoire, à quelques pas de Drouot, au mythique Golf du même nom.
 
L’incarnation, une muse daguerréotypée fraîchement sortie d’un tableau d’Ingres, offre en stéréophonie : battements de paupière et rotation de la tête, dévoilant petit à petit avec pudeur, la sensualité d’une nuque au canon de statue hellénique.
 
Ange Leccia sonde et entretient un rapport entre réminiscence et fantasme du souvenir, appuyé par un rythme voulu et un mouvement maîtrisé. D’œuvre en œuvre, il répète et décline des motifs, qui réapparaissent par touche et se répondent ; il construit ainsi des cycles itératifs décalés.  
 
Ici, le film nous renvoie à une perception primitive de notre propre panthéon et, par sa binarité, nous confronte à nos contradictions. Celles que l’on retrouve à Drouot : théâtralité et intimité, fantasme et proximité, excitation et frustration.
 
 
Christophe Delavault – Cercle Drouot Contemporain
 
 
 
 
PETITE VISITE DE NUIT ou Drouot nocturne et pluriel
 
Pour cette première participation à Nuit Blanche, les salles du 1er étage de l’Hôtel des Ventes seront ouvertes jusqu'à 2h du matin. Cette soirée particulière offrira également aux visiteurs l’occasion de découvrir la diversité des programmations de Drouot et le savoir-faire des commissaires-priseurs à travers plusieurs expositions avant vente.
 
MICHÈLE GIGNOUX DÉMÉNAGE – OVV ADER – SALLE 1
Tout le monde connaît les créations de Michèle Gignoux : le cube photo en plexiglas créé en 1967, les coussins pantalon, les broches jouet, les tampons, les chaises vertige qui sont un défi à l’équilibre, le mobilier fluorescent et les tableaux en francs hachés Money/Monet...
Michèle Gignoux a fait de ses idées, à la fois géniales et poétiques, des bestsellers vendus dans le monde entier.
Installée dans un grand atelier loft parisien qu’elle va quitter pour vivre définitivement en Provence, Michèle Gignoux disperse ses œuvres aux enchères, pour le plus grand plaisir des amateurs de Design.
 
COLLECTIONS D’ARTS PREMIERS – OVV CLAUDE AGUTTES – SALLE 2
Dans le domaine des arts tribaux,  un programme rare par les objets présentés, qui sont de facture originale, orientés sur les solutions plastiques des sculpteurs. Les pièces proviennent de deux collections : un ensemble réuni par un amateur belge et la collection de Jean-Jacques Mandel. Ce dernier, anthropologue, journaliste et photographe, fut un grand coureur de brousse dans les années 1970-1980, d’où il a rapporté de rares objets des cultures Fon et Nago, des fétiches Botchios, des objets de la culture Vodou. De la vallée de la Bénoué au Nigéria, une statue anthropomorphe du début du XXe siècle, à belle patine d’usage, illustre la grande tradition de la statuaire Jukun. À signaler également une cinquantaine de drapeaux Asafo du Ghana.
De belles découvertes en vue, avec des pièces pour la plupart inédites.
 
JOAILLERIE – OVV GROS & DELETTREZ – SALLE 3
Un bel écrin composé de colliers, bracelets, solitaires, bagues serties d’émeraudes de Colombie, saphirs de Ceylan et rubis de Birmanie ; pour la gent masculine, boutons de manchette et montres de collection ou modernes. La sélection offrira l’opportunité d’acquérir des pièces signées de grandes maisons : Van Cleef & Arpels, Boucheron, Cartier, Chaumet, Patek Phillipe, Breguet, Piaget...
 
VERS L’INFINI ET AU-DELÀ ! – OVV KAPANDJI MORHANGE – SALLE 5
Quelle meilleure occasion qu’une Nuit Blanche pour plonger dans l’inconnu et explorer les mondes parallèles. C’est ce que propose Kapandji Morhange grâce à un corpus de photographies entièrement consacré au cinéma de science-fiction. Composé d’une centaine de tirages originaux, il retrace l’évolution du genre à travers ses titres les plus emblématiques. Les héros des grands classiques du 7e art y côtoient les surhommes de la galaxie blockbuster et les créatures bizarroïdes de la série B. Où Brigitte Helm, l’héroïne du Metropolis de Fritz Lang en 1927 (4 000 / 5 000 €), rencontre Anthony Daniels et Kenny Baker, respectivement C-3PO et R2-D2, propulsés dans la guerre interstellaire par Georges Lucas en 1977 (150 / 200 €).
Des pièces design complèteront le programme, qu’elles soient emblématiques du mobilier des années 60-70 – comme la Ball Chair d’Eero Aarnio – ou plus contemporaines – Étoile filante, sculpture luminaire de Guillaume Piéchaud, pièce unique datée de 2011 (10 000 / 15 000 €).
 
LES ARTS DU FEU CHERS À HENRY GOUDAL – OVV AUDAP & MIRABAUD – SALLE 6
Dispersion d’une partie de la collection constituée avec passion et fidélité par Henry Goudal, psychiatre renommé, autour des arts du feu ; soit 280 pièces de céramique contemporaine et une vingtaine de pièces de verre, auxquelles il s’intéressa aussi.
La collection s’échelonne de 1960 à nos jours. Les artistes représentés le sont souvent à travers un grand nombre de pièces. De Robert Deblander, Yves Mohy et Gilbert Portanier à Wayne Fisher, Xavier Duroselle et Gisèle Buthod-Garçon, mais aussi Claude Champy, Anne Bulliot, Jean-François Fouilhoux… autant d’engagements et de soutien à la création de la part d’Henry Goudal.
Chaque amateur trouvera dans cet ensemble attachant d’œuvres réunies avec cœur de quoi nourrir ses envies d’esthétisme, d’originalité et de poésie.
 
MASCULIN MASCULIN – OVV TESSIER SARROU – SALLE 7
Au programme : bronzes, dessins, gravures d’après les modèles antiques qui ont nourri l’imaginaire occidental ou d’après nature pour les anatomies et académies.
La sculpture sera notamment représentée par Le porteur d’eau de Vincenzo Gemito ou Les coureurs d’Alfred Boucher...
La photographie s’invite largement dans la programmation : des modèles new-yorkais de Bruce Weber ou parisiens de Patrick Sarfati aux body builders des images de Lon of New York ou Bob Mizer.
Des affiches de cinéma illustrent des collaborations mythiques pour lesquelles des artistes de génie ont confié de grands rôles masculins à des acteurs devenus des icônes : Jean Marais dans le Testament d’Orphée de Cocteau, Joe Dalessandro dans Flesh d’Andy Warhol ou Brad Davis dans Querelle de Fassbinder.
Pour terminer avec panache, plusieurs « habits de lumière » brodés de soie et d’or évoqueront un art masculin s’il en est : la tauromachie.